« Jouer avec ses ombres »

Juil 26, 2026

Entretien avec Mareike S., danseuse et pédagogue, 38 ans — Kassel

Mareike S., 38 ans, est danseuse indépendante et professeure de danse à Kassel. Elle évoque ici son parcours au sein du programme SAT : une plongée dans le travail de l’Ennéagramme, l’expérience de la transformation intérieure, et la portée décisive du soutien financier dont elle a bénéficié.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans ce processus ?

C’est une amie très chère qui m’en a parlé. Elle avait elle-même suivi les stages, et le récit de son expérience a éveillé ma curiosité. Une curiosité profonde, presque instinctive.

 

Qu’est-ce qui vous a incitée à vous dire : “Je veux absolument faire cela” ?

L’Ennéagramme, avant tout. Je n’en savais pratiquement rien — et c’est précisément cette méconnaissance qui m’a attirée. J’éprouvais le désir de mieux comprendre les différences entre les êtres : la manière dont nous réagissons, dont nous nous rencontrons. Et, bien sûr, l’envie intime de me comprendre moi-même davantage.

 

Un aspect en particulier vous a-t-il fascinée ?

Yes — the combination of theatre, bodywork, and Oui : l’alliance du théâtre, du travail corporel et de la méditation. Cette articulation m’a immédiatement parlé. Le fait que tout le processus soit accompagné par des thérapeutes m’a aussi procuré un profond sentiment de sécurité. Je savais que je me trouverais entre des mains expertes.

 

En tant qu’artiste indépendante, financer de tels stages peut être difficile. Comment avez-vous procédé ?

J’ai demandé à ZIST si une réduction était envisageable. C’est ainsi que j’ai découvert que le programme SAT, tout comme l’Association de soutien de ZIST, proposait des aides financières. Une nouvelle bourse venait tout juste d’être créée ; elle prenait en charge environ 25 % du coût du stage.
L’association m’a conviée à un entretien individuel, au cours duquel j’ai dû expliquer ma situation financière. Par la suite, les choses ont évolué rapidement : un comité s’est réuni, et mon dossier a été accepté.

 

Cet entretien vous a-t-il mise mal à l’aise ?

Étonnamment, non. Tout m’a semblé naturel et cohérent. Il est vrai qu’il n’est jamais simple d’aborder des questions aussi personnelles avec une personne que l’on ne connaît pas encore, surtout par téléphone. Pourtant, avec le recul, tout était juste. L’entretien a été honnête, respectueux et, d’une certaine manière, apaisant.

 

Que représente ce type de soutien pour les personnes aux revenus limités ?

Le stage représente un coût important, ce qui est compréhensible au regard de sa richesse. Pour moi, le travail du SAT n’est pas seulement un cheminement personnel ; il fait partie intégrante de mon développement professionnel et humain. Il diffuse ses effets autour de moi.
C’est pour cette raison que les personnes disposant de peu de ressources devraient y avoir accès elles aussi. Sans cette aide financière, ma participation n’aurait tout simplement pas été possible.

 

SAT 1 : présence, intensité et premiers changements intérieurs 

Quels souvenirs de SAT 1 restent les plus vivaces pour vous ?

La présence de l’équipe, avant tout. Cette vigilance, cette qualité d’attention et de compétence profonde m’ont profondément marquée. Le travail individuel a été aussi puissant que les processus collectifs.
Même les moments simples du quotidien, comme les repas partagés, se sont transformés : un espace se créait, dans lequel chacun pouvait être pleinement lui-même, et laisser les autres être tels qu’ils sont. J’ai trouvé une sérénité nouvelle envers moi-même.
Le travail théâtral, particulièrement intense, continue de résonner aujourd’hui. Et la manière dont Chérif, Katrin et Oscar ont chacun guidé les journées, avec leur présence propre, a été profondément émouvante.

 

Avez-vous traversé des moments de doute, ou eu l’envie de partir ?

Oui, absolument. Travailler avec certaines personnes n’était pas toujours aisé. Il m’est arrivé d’avoir l’élan de fuir, mais c’était précisément la raison de ma présence : rencontrer mes propres schémas au lieu de m’y soustraire.

 

Qu’est-ce que SAT 1 a transformé en vous, intérieurement et dans votre quotidien ?

Juste après le stage, j’ai animé une semaine de cours avec vingt élèves. Chaque jour, je me suis tenue devant eux plus calme que jamais. Je me sentais présente, claire.
J’avais auparavant le sentiment diffus d’une insatisfaction constante. Après le SAT, il s’était simplement… évanoui.
Je n’ai pas perdu ma voix une seule fois, je n’avais plus besoin de “forcer”. Et je n’éprouvais plus cette impression tenace de devoir être ailleurs que là où je me trouvais.

 

SAT 2 : explorer la famille d’origine et les racines relationnelles 

Vous avez ensuite participé à SAT 2, à nouveau grâce au soutien de l’association. Qu’est-ce qui vous a donné envie de poursuivre ?

Le thème de la famille résonnait puissamment en moi. Je voulais mieux comprendre mes parents, notre relation, et aussi leur histoire, que je connaissais mal.

 

Qu’est-ce qui vous a le plus touchée ?

Un moment profondément intime : rencontrer mes parents comme des enfants. J’ai eu la sensation de percevoir leur essence, dépouillée des rôles, des attentes.
Grâce à SAT 2 et à la curiosité nouvelle qu’il a éveillée en moi, je me sens aujourd’hui beaucoup plus connectée à eux.

 

Comment avez-vous vécu le travail sur la famille d’origine ?

l y a eu des moments où je me suis demandé : « Mais qu’est-ce que je fais ici ? ». Puis l’inverse se produisait : la sensation que c’était précisément ce qui devait advenir.
L’exercice où nous nous adressions à nos frères et sœurs m’a profondément bouleversée. Il a touché des zones intimes, enfouies. Des paroles que je n’avais jamais prononcées ont enfin trouvé leur place.
À partir du quatrième jour, j’ai beaucoup pleuré, et je suis rentrée bien plus légère que je n’étais arrivée. Tant de choses se sont transformées, même dans les profondeurs inconscientes.
Retrouver le groupe a été un bonheur : nous continuons aujourd’hui à méditer ensemble, en ligne, de manière régulière.

L’Ennéagramme, un approfondissement de la connaissance de soi 

Comment avez-vous vécu le passage de SAT 1 à SAT 2 ?

SAT 1 interroge : Qui suis-je dans le monde ? Comment je me perçois, et comment les autres me perçoivent ?
SAT 2 plonge plus loin : D’où je viens ? Qui m’a façonné ? Comment je me tiens dans la relation ?
Cette progression m’a paru parfaitement logique. Les nombreuses interactions en duo ou en petits groupes étaient exigeantes, mais c’est justement cette exigence qui les rendait si profondément transformatrices.

 

Que retenez-vous du travail avec l’Ennéagramme ?

J’ai compris que l’Ennéagramme ne consiste pas à identifier rapidement un type, mais à cheminer.
Auparavant, j’étais pressée de connaître mon type ; aujourd’hui, je vois cela comme un processus.
Une exploration, un approfondissement de la connaissance de soi.

 

Continuer le chemin : la puissance du groupe et du parcours SAT

Souhaiteriez-vous participer également à SAT 3 ?

Oui, sans hésiter. J’aimerais suivre l’ensemble du parcours. J’ai la sensation qu’il reste tant à découvrir…
Continuer avec le même groupe est d’une grande valeur : c’est un terrain d’apprentissage puissant. Il y règne une profonde confiance, un sentiment d’alliance, et la certitude que nous pouvons aller encore plus loin.

 

Est-ce que vous aimeriez ajouter quelque chose ?

La sérénité et la profondeur avec lesquelles l’équipe tient l’espace m’ont infiniment impressionnée.
Il y a là une expérience immense, une vitalité palpable, et une sensibilité remarquable à ce dont le groupe a besoin à chaque instant.
Rien n’est figé : tout est vivant, incarné.

 

Et que diriez-vous à quelqu’un qui, comme vous autrefois, est curieux mais encore hésitant à s’inscrire au programme SAT ?

Si vous êtes véritablement prêt(e) à vous engager envers vous-même, alors allez-y.
Le SAT est une expérience d’une puissance rare, vécue aux côtés de personnes qui aspirent à la même chose : se connaître, se relier.
Et tout cela dans un espace protégé, dans un lieu magnifique comme ZIST.
Ce qui m’a profondément marquée, c’est que l’équipe a elle-même traversé ces processus. On le ressent, et cela change tout.
Ils portent en eux la passion de ce travail, et ils la transmettent.

 

Merci d’avoir partagé votre expérience avec nous.